Afterwork

boulevard Ayrault

Il est 22 h et il est temps de rentrer. Tu pousses la porte de l’agence et tu t’arrêtes une seconde, pour humer la fraîcheur du boulevard. Pour ressentir le calme. Ta tête grésille encore de huit heures de travail, les yeux vissés à un écran. Petit à petit, tu es de retour dans la réalité.

Quelques marches, quelques pas sur l’herbe fraîchement déroulée entre deux rails qui n’ont encore jamais supporté le moindre tramway. La nuit tombe et il n’y a personne. Les feux alternent dans le vide. La lumière artificielle prend peu à peu le pas sur la lumière naturelle, montrent les silhouettes tranchantes des immeubles. Au milieu des travaux, tu marches. Tranquillement.
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À l’heure où la ville devient inquiétante, tu t’engouffres dans ses ombres. Le vent, sur le pont, te fais frissonner. Cette fois, la nuit est bien là et soudainement, l’univers devient ocre. Les grands arbres sont un ciel qui renvoie la lumière jaune des réverbères. Dans l’immense parking, des camions et des camping-cars. Au bord, une prostituée. Il n’y a que deux voitures sur cette immense étendue, et l’une d’elle attend à l’entrée, les veilleuses allumées. Plus tard, une autre voiture s’arrêtera quelques minutes à sa hauteur, avant de faire demi-tour et de repartir. Toi, tu avances.

Parking rochefoucault

Elle te regarde. Des blocs de béton longent le parking et sur l’un d’eux, une femme d’un certain âge et d’une certaine corpulence semble attendre quelqu’un, tous les soirs. Son visage est neutre, illisible. Un «bonsoir» étouffé s’échappe de tes lèvres et elle te réponds. Sa voix est un peu rauque mais elle est digne. Pas besoin de te retourner, tu sais qu’elle te regarde toujours.

En remontant la rue, tu penses que le quartier change de visage quand la nuit tombe. Le jour, il est pittoresque. Le petit train bleu y promène les touristes toutes les heures. La nuit, il peut paraître inquiétant. Le petit groupe de clochards rassemblés près du distributeur semble te donner raison mais tu sais que tu ne risques rien. Surtout, qu’il y a là une sorte de beauté souterraine. Quand tu lèves les yeux, tu es devant ta porte. Le voyage est terminé.
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< Diaporama, ici >

Afterwork 10

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2 Commentaires

  1. Chloé dit :

    La fraîcheur d’une nuit d’été, les prostitués, des ombres qui passent, on se croirait sur les bords de Saône à la sortie de la rédaction du Progrès. A croire que le quotidien des SR se ressemble où que l’on soit.

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  2. lepasduchatnoir dit :

    Même combat. SR du monde entier, unissez-vous !

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